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Tale me : n’achetez plus, louez les vêtements pour vos enfants

Et si on décidait de consommer autrement ? De ne plus acheter mais de louer. Même les vêtements ! C’est le pari osé qu’a fait Anna Balez en créant Tale me, il y a deux ans.
Anna la créatrice de Tale me dans sa boutique à Bruxelles. Crédit : http://www.paulindesaintgilles.com/tale-me/

Anna la créatrice de Tale me dans sa boutique à Bruxelles.
Crédit : http://www.paulindesaintgilles.com/tale-me/

Anna est une femme engagée. Un de ses sujets de prédilection ? Le développement durable. Cette ingénieure chimiste a travaillé longtemps sur les questions d’environnement, d’abord en France chez Véolia puis en Belgique comme consultante en stratégie environnementale pour le compte de grosses entreprises. « Il y a 5 ou 6 ans, on parlait déjà d’économie circulaire, d’économie de partage mais tout cela était alors impossible à mettre en place dans les entreprises », explique-t-elle.

Ainsi  naquit Tale me

L‘histoire de Tale me débute en 2012 à la naissance de son premier enfant.  Comme de plus en plus de mamans, elle se demande comment mieux habiller son bébé sans passer par les grandes marques de la fast fashion. Mais où acheter de belles marques éthiques sans exploser son budget ? Mission impossible. La seconde main, pourquoi pas ? Mais l’on y trouve rarement des vêtements de qualité et passer ses week-ends à faire les vide-greniers prend du temps. Elle rencontre aussi de jeunes stylistes qui galèrent pour s’en sortir, d’autres mamans qui, comme elle, rêvent d’achats responsables mais n’ont pas un budget extensible. Y aurait-il quelque chose à faire pour rejoindre ces deux mondes ? Et si on partageait ? On le fait bien pour une voiture, un appartement ou même une perceuse ? Voilà donc enfin l’idée porteuse de sens, en lien avec ses convictions qui lui manquait pour se lancer dans la création d’entreprise.  Et ainsi naquit Tale me.

N’achetez plus  ! Louez des vêtements bio et durables pour vos enfants

Le concept ? « Vous prenez un abonnement mensuel à une box et vous choisissez 3 ou 5 vêtements de créateurs (selon l’abonnement) pour vos enfants de 0 à 4 ans que vous pouvez échanger tous les deux mois. Ainsi à chaque changement de taille ou de saison, vous les remplacez. Pour environ 10 euros par vêtement, soit le prix d’un habit de grande distribution, votre enfant porte une belle tenue originale, de qualité, fabriquée en France ou en Belgique parfois plus loin comme le Portugal mais toujours en Europe et en coton bio. »

C’est un nouveau mode de consommation que nous proposons

Tale me propose un autre mode de consommation responsable. Crédit : Tale me

L‘idée est lancée. Reste à convaincre les clients. Et ce n’est pas si simple. « C’est un nouveau mode de consommation que nous proposons. On utilise et on pense le vêtement autrement. Il a désormais plusieurs histoires. » Fini donc le vêtement que l’on porte 2 fois et que l’on jette. « Non seulement il tourne, mais lorsqu’il n’est plus utilisable, nous faisons ce qu’on appelle de l’upcycling. On le répare, on le transforme. On lui trouve une autre utilité », ajoute Anna.

Faire tomber les freins

Adhérer à Tale me c’est aussi apprendre à se défaire de ce besoin de possession. « Cela sera sans doute naturel pour nos enfants mais notre génération de trentenaires a encore du mal avec cette idée » se désole-t-elle. D’autres pensent que ces vêtements sont trop beaux, qu’ils ne sont pas pour eux. « Mais au contraire, ce concept permet de se faire plaisir ! Nos vêtements sont beaux mais ils sont surtout faits pour être portés au quotidien. » Pour d’autres, c’est encore trop cher. « Il faut bien comprendre que les vêtements ont une valeur et que derrière il y a des gens qui ont travaillé. Cela me rend triste de voir que la valeur d’un vêtement aujourd’hui est essentiellement marketing car c’est la communication que les clients paient en grande partie lorsqu’ils achètent une robe ou un tee-shirt. »

Tale me emploie 3 employés pour la logistique, le design et l’entretien des vêtements. Crédit : Tale me

« Tale me » nettoie, répare, recoud sans frais

Et que faire si les vêtements sont tachés voire abimés ? Pas d’inquiétude à avoir de ce côté-là. Tale me nettoie, répare, recoud sans frais supplémentaires pour le client. « Nous sommes devenus des experts dans l’élimination des taches ! Les enfants peuvent jouer, glisser, tomber dans l’herbe ou dans la boue. Nous gérons ! De plus, nous créons nous mêmes une grande partie de la collection qui est proposée, nous pouvons donc facilement les réparer car nous avons les tissus à disposition. Et nous ne louons jamais un vêtement taché », assure-t-elle.

Nos abonnés sont accros !

Aujourd’hui 450 personnes ont adopté le concept et sont ravies », s’enthousiasme Anna. « Nous avons un taux de désabonnement très faible. Une fois essayé, on devient accro ! » Si le siège est en Belgique, Tale me livre dans toute l’Europe. Pour la suite, Anna a des projets plein la tête. Faire une appli tablette et smartphone, créer un atelier de réparation et en faire un lieu de réinsertion professionnelle. « Mais ce dont je rêve surtout, c’est d’inspirer d’autres initiatives comme celle-là et que d’autres se lancent dans l’aventure. Il faut que l’on montre que l’on peut faire autrement, que l’on peut sortir des modèles de consommation actuels et en plus créer des emplois. »

Fabrication :  Belgique, Portugal, France, Allemagne

Exemple de prix : Abonnement : 29 euros par mois pour 5 vêtements à échanger tous les deux mois.

C’est où ? : Tale me a une boutique éphémère à Paris jusqu’en mai 2017 : 14 rue du chateau d’eau – 75010.

Elle a aussi une boutique à Bruxelles : Chaussée de Charleroi 166, 1060 Saint Gilles

Sur le web : www.taleme.be 

 

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