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Rencontre avec Isabelle Quéhé, coordinatrice de Fashion Revolution France

Isabelle Quéhé est engagée dans la mode éthique depuis 2004 date à laquelle elle crée l’Ethical fashion show. En 2015, elle initie le colloque «Changer la mode pour le climat» à l’occasion de la COP 21. Elle est également la coordinatrice France de la Fashion Revolution.

D’où vient votre engagement pour la mode éthique ?

J’ai rencontré en 2002, deux créatrices de mode. L’une est originaire du Sénégal et avait envie de créer une collection de mode pour aller à l’encontre de toute la fripe qui submerge les marchés africains. L’autre est originaire du Bangladesh. Elle désirait créer des collections pour donner du travail aux tisseurs de son pays et protéger leur savoir-faire.
Les européens sont de gros consommateurs de vêtements. Ces créatrices avaient besoin des commandes de l’Europe et pour se faire connaître, elles avaient besoin d’une plate-forme. De là, j’ai eu envie de réunir autour d’elles, d’autres créateurs qui avaient la volonté de respecter l’homme et son environnement sur toute la chaîne de fabrication du vêtement. C’est ainsi qu’a été lancé en 2004 la première édition du salon Ethical fashion show à Paris. Aujourd’hui je ne m’en occupe plus mais le salon a lieu tous les ans à Berlin.

Vous avez été à l’origine du projet « changer la mode pour le climat », pouvez-vous nous expliquer ce que c’est ?

C’est un colloque qui a été initié par l’association Universal Love dont je suis la présidente, à l’occasion de la Cop 21 à Paris puis de la Cop 22 à Marrakech. Nous avons rassemblé tous les professionnels de l’habillement pour parler des engagements qui ont été pris en France dans ce secteur. Ce forum a abouti à la signature d’une charte d’engagement du secteur de la mode et de l’habillement pour le climat en 8 points. Nous espérons être aussi à la Cop 23 afin de la faire signer au plus grand nombre de fédérations possible.

Où en est-on aujourd’hui de la mode éthique ?

En 2012, lorsque nous avons arrêté l’Ethical fashion show en France, le mot éthique n’avait pas bonne presse. On l’associait à moche, baba cool. Aujourd’hui, la mode éthique a prix un seconde souffle en Europe. Les consommateurs ont rajeuni et ont envie de s’engager. Ils veulent vivre dans un monde meilleur. Ils plébiscitent une économie plus circulaire ou le déchet peut resservir ou être transformé. On ne veut plus se dire que  d’un côté l’on porte des vêtements pour être bien et beau et que de l’autre il y a des gens en souffrance qui les ont fabriqués.

Le bio touche donc aujourd’hui aussi la mode ?

Oui après l’alimentation, la beauté, le consommateur en vient aux vêtements car il commence à se rendre compte qu’il possède beaucoup de choses dont il n’a pas réellement besoin. On jette beaucoup ! Il vaut mieux aujourd’hui acheter des produits de meilleure qualité, auxquels on aura un attachement plus fort. Il y a aussi une nouvelle vie qui est donné aux vêtements. Les friperies, les boutiques solidaires se développent. Pourquoi acheter des vêtements neufs qui ont un impact sur nos ressources et sur notre environnement alors que l’on peut les acheter pratiquement neufs et moins chers dans une boutique de seconde main. Les documentaires et les articles écrits dans les médias sur l’impact que peut avoir certains produits chimiques présents dans les vêtements sur notre santé ont également beaucoup aidé à ce besoin de changement dans notre manière de consommer.

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